Connaissez-vous les Crétins des Alpes?
Il y a fort longtemps, dans les profondes vallées Alpines, les populations voyageaient peu. Il n’était pas rare que tous les habitants d’un hameau soient issus d’une même famille. A cause de cette consanguinité des mariages entre cousins ont engendrés les «Crétins des Alpes ».*
Aujourd’hui les primos-accédants sont le sang neuf dont le marché immobilier a besoin pour se régénérer, or ils disparaissent et la récente remontée des taux ne va rien arranger.
Impact de la hausse des taux ;
En générale, ça devient très vite barbant de parler des taux, des durées, des coûts du crédit, et plus encore de lire et d’interpréter des pages et des pages de chiffres. Mais croyez moi il est indispensable lorsque l’on s’engage sur un longue période de comprendre les bases et de poser différentes hypothèses.
N’oubliez jamais que le seul but de votre "conseiller financier" est de remplir ses objectifs, tant mieux s’il peut le faire en vous contentant, tant pis dans le cas contraire.
Suite à quelques posts échangés ici sur le site des échos.
J’ai repris la situation supposée de ce jeune couple (le cauchemar immobilier ) en imaginant que le taux passe de 4 à 6% ce qui est très loin d’être de la science fiction. 6 % ça doit être la moyenne de 1997, l’ère glacière de l’immobilier si vous préférez.
Petit rappel, Ils sont jeunes, 24/25 ans environ, seul le jeune homme travail, elle est encore étudiante, Ils en ont marre de jeter l’argent par les fenêtres.
Pas d’apport, 150 K€ les 30 m² Parisien en RDC à rénover complètement, j’ai arrondi à 170 K€, avec les frais de notaire d’agence et le premier coup de peinture.
On sait qu’ils en prennent pour trente ans, on peut supposer un taux de 4 %
Taux : 4 %
Montant du prêt : 170 K€
Durée : 30 ans
Echéance (hors ass) : 811 €
Coût du crédit : 122 K€
dans mes souvenirs son salaire était de 2400 € net/mois, donc 33% de taux d’endettement.
Maintenant imaginons, que dans 3/4/5 ans un enfant arrive, sa femme trouve du boulot à Marseille, sa boîte délocalise en Chine, etc…… ils doivent revendre mais les taux entre temps sont passés à 6 % :
Taux : 6 % 6 %
Montant du prêt : 170 K€ 135 K€
Durée : 50 ans 30 ans
Echéance (hors ass) : 895 € 811 €
Coût du crédit : 277 K€ 156 k€
2 solutions donc pour les futurs acquéreurs ;
1 ils acceptent de rembourser plus, et plus longtemps soit 895/mois sur 50 ans. (coût 277 K€)
2 Ils conservent les mêmes mensualités et sur la même durée soit 809/mois sur 30 ans mais montant du prêt 135 K€ (coût 156 K€), donc baisse de 21 %.
21 % de capacité d’endettement en moins, alors que l’engagement est déjà maxi (33% sur 30 ans), sans oublier aussi l’effet psychologique que peut engendrer un marché baissier, la baisse entraînera la baisse comme la hausse a entraîné la hausse.
Sans rentrer dans les détails, le taux de la BCE, n’est pas directement lié au taux que vous proposera votre banque, mais c’est un bon élément pour en évaluer la direction et la proportion.
Si vous voulez en savoir plus :
La titrisation : un concept porteur de valeur
Comment les banques financent le crédit immobilier
Extrait :
Les banques généralistes accordent aujourd'hui des prêts à des taux défiant toute concurrence, grâce à l'une des ressources les moins chères du marché, l'épargne réglementée, subventionnée par l'Etat (PEL, PEP). Mais l'épuisement de cette ressource peu coûteuse et un recours plus large aux produits de marché pourraient avoir raison de cette agressivité commerciale.
Les prêteurs cherchent ainsi à se refinancer directement sur les marchés obligataires, donc les maturités sont longues. Mais le coût n'est plus le même : en moyenne 100 à 150 points de base de plus que les dépôts, voire davantage
Maintien des taux actuels
Un recours plus systématique à ces instruments de marché, chers au regard des dépôts, ne risque-t-il pas dans ce cas de renchérir le coûts des crédits pour les particuliers ? Pour Thierry Dufour, directeur financier du Crédit Foncier, c'est un fait : si, « à court terme, les ressources actuelles (dépôts, PEL...) continueront d'être dominantes, à plus longue échéance, les ressources de marché, plus onéreuses, verront leur part s'accroître ». Ce renchérissement pourra être répercuté par les banques sur d'autres produits bancaires, encore gratuits comme les chèques, écartant ainsi une hausse des taux immédiate des crédits immobiliers. Mais la marge de manoeuvre est très mince, selon lui : « Les marges clientèle sur les crédits sont très basses en France, par rapport à d'autres pays européens. »
Fabrice Asvazadourian et Jérôme Barrué, de Mercer Oliver Wyman, estiment que le recours aux produits de marché n'entraînera pas de hausse et maintiendra les taux à leur niveau actuel
Alors d’après vous les propriétaires vont-ils devenir les nouveaux crétins des alpes ?
J’attends,
Mérou.
* voir les commentaires.